SEUL AVEC DIEU

Ésaïe 38

Quelle déclaration saisissante Ésaïe, le prophète, venait faire de la part de l’Éternel au roi Ézéchias : « Donne des ordres pour ta maison, car tu vas mourir et tu ne vivras pas » ! Cette déclaration était brève, mais entraînait une foule de conséquences.

Ézéchias était roi sur Israël pendant une période troublée : la ville de Jérusalem était menacée par les Assyriens, et il semble, à vues humaines, que précisément dans des circonstances aussi critiques, la présence du roi au milieu de son peuple était plus nécessaire que jamais. Mais les voies de Dieu ne sont pas les nôtres.

Quel enseignement dans ce fait ! Il arrive parfois que Dieu retire à nos affections un être cher, au moment où nous trouvons qu’il nous est indispensable ; d’autres fois, Dieu nous prive d’une chose que nous croyons nécessaire, mais dans la suite, Il nous dispense de riches bénédictions, nous montrant ainsi que tout ce qu’Il fait est bien fait. Ézéchias vient donc de s’entendre dire que sa fin est très proche. Observons un peu son attitude à l’annonce de cette nouvelle. Se révolte-t-il contre la décision de Dieu à son égard ? Non, il se tourne vers la muraille et prie l’Éternel. Il prie. Il sent le besoin de venir immédiatement dans la présence de Dieu, car il a compris que c’est là son unique ressource.

Voilà encore un enseignement pour nous : à l’annonce d’une nouvelle frappante, bonne ou mauvaise, qui nous apporte une joie ou un chagrin, notre première pensée est-elle de prier Dieu, et de nous approcher de Lui ? Et, cher lecteur, si au cours d’une maladie le médecin vous disait comme le prophète parlant à Ézéchias : « Donnez des ordres pour votre maison, car vous allez mourir », quelle attitude prendriez-vous ? Votre première pensée serait-elle de vous approcher de Dieu ?

Toute personne peut venir à Dieu par la prière, mais il y a deux catégories bien distinctes de gens : les uns ont la liberté de s’approcher de Dieu, les autres sont anxieux, inquiets, éprouvent beaucoup de difficultés, et cela parce qu’ils sentent que quelque chose n’est pas en règle entre Dieu et eux : une barrière invisible, mais qui paraît infranchissable, les sépare ; un fardeau pèse sur leur cœur ; c’est le sentiment du péché, le souvenir des péchés. Mais Dieu invite le pécheur à venir à Lui, car Il est tout prêt à ôter cette barrière, à retirer ce lourd poids, et c’est pour cela qu’Il a envoyé son Fils bien-aimé dont le sang répandu à la croix nous purifie de tout péché (1 Jean 1:7).

Il est encore d’autres personnes qui, non seulement ne s’approchent pas de Dieu, mais s’en éloignent, et beaucoup, hélas, le bannissent de toutes leurs pensées ; mais dans certaines circonstances graves de la vie, et notamment lorsqu’elles sentent la mort venir, elles cherchent alors à s’approcher de Dieu, car leur conscience parle haut, trop haut pour qu’elles puissent la faire taire ; et ces pauvres créatures à la porte du tombeau, se rendent compte qu’elles auront à paraître en jugement.

Oh ! cher lecteur, si vous n’êtes pas encore venu à Dieu, n’attendez pas ce moment-là pour vous approcher de Lui, mais dès aujourd’hui, confessez-Lui vos péchés dans un esprit de repentance.

Ézéchias, en outre, verse beaucoup de larmes. Mais ces pleurs étaient-ils provoqués par le regret de quitter la terre ? Non, puisque les versets 11 à 15 de notre chapitre montrent que le roi vivait dans la peine et dans l’amertume de son âme. Qu’était-ce donc que ces larmes ? C’était le fruit de la repentance et de l’humiliation.

L’attitude d’Ézéchias se résume donc par ces mots : il pria l’Éternel et versa beaucoup de larmes.

Et que fit Dieu en présence de cette attitude ? Il envoya répondre au roi : « J’ai entendu ta prière, et j’ai vu tes larmes ». Ô merveille de la bonté de Dieu ! Il n’est pas sourd à la prière, ni insensible aux larmes. Il entend la prière qui monte vers Lui et voit les larmes d’humiliation et de repentance que verse une faible créature. Lui, le Tout-puissant, le Créateur de l’univers consent à écouter la prière de pauvres humains et condescend à sécher leurs larmes. Quel amour, quelle bonté, quelle miséricorde qui touchent le cœur !

Dans d’autres circonstances, lorsque le peuple d’Israël était asservi aux Égyptiens qui exigeaient de lui une dure soumission, Dieu dit : « J’ai vu, j’ai vu l’affliction de mon peuple » (Exode 3:7), et Il envoie un libérateur. Un autre exemple de cette grande miséricorde de Dieu est celui de Corneille qui priait Dieu continuellement, et à qui il fait dire : « Tes prières et tes aumônes sont montées devant Dieu » (Actes 10:4). C’est toujours le même amour d’une beauté touchante : Dieu entend la prière et voit l’affliction. Ah ! cher lecteur, ne vaut-il pas la peine de se confier en un tel Dieu ?

Dans la partie suivante du chapitre, Ézéchias fait un récit remarquable de ce qui s’est passé dans son propre cœur. Il nous dépeint l’état de son âme, avant de s’être trouvé devant Dieu (versets 10 à 15), puis ce qu’il a appris dans son entretien avec Dieu (versets 16 à 18), et enfin les conclusions qu’il en a tirées pour sa nouvelle vie (versets 19 et 20).

Avant qu’Ézéchias priât l’Éternel dans cette circonstance mémorable de sa vie, il vivait dans la peine et dans l’amertume ; il était roi et par conséquent devait jouir d’honneurs, de richesses, du bien-être, mais cela ne pouvait satisfaire son cœur. Il avait servi l’Éternel, ôtant les hauts-lieux, et témoignage lui est rendu après lui, il n’y en eut point de semblable à lui parmi tous les rois de Juda, non plus que parmi ceux qui avaient été avant lui (2 Rois 18:5) ; mais malgré tout cela, le cœur d’Ézéchias était vide, et il cheminait dans l’amertume ; certainement il avait pris part aux fêtes, aux sacrifices, mais quelque chose lui manquait.

Lorsque le roi se fut approché de Dieu, toute son existence fut transformée, et voici la clé de cette transformation : Ézéchias en priant l’Éternel s’était trouvé seul dans sa présence ; il avait eu un entretien personnel avec Dieu ; il avait été seul en face de Dieu pendant ces instants si solennels. Ami lecteur, vous êtes-vous déjà trouvé seul dans la présence de Dieu ? Avez-vous jamais eu un entretien personnel avec Lui ? Que vous a-t-Il dit ?

Voici ce qu’Ézéchias a appris pendant ces moments où il s’est rencontré seul avec Dieu : « Tu m’as fait vivre..., tu as aimé mon âme, la retirant de la fosse de destruction, car tu as jeté tous mes péchés derrière ton dos » (verset 17). C’est là ce qui a transformé complètement la vie d’Ézéchias : il a compris que Dieu aimait son âme.

Dans la présence de l’Éternel, le roi a compris l’amour divin et il a saisi que c’est à cause de cet amour infini que Dieu a racheté son âme de la destruction, et qu’Il a effacé tous ses péchés, les jetant derrière son dos... Or précisément le poids de ses péchés était la cause de l’amertume d’Ézéchias, et voilà pourquoi à l’annonce de sa mort prochaine, il avait d’abord prié l’Éternel, versant d’abondantes larmes d’humiliation et de repentir ; mais lorsque dans cette rencontre avec Dieu il a compris l’amour divin qui jetait ses péchés derrière son dos, il remercie Dieu de lui avoir donné la vie.

Ce qui est devant Ézéchias à présent, c’est une douce espérance de voir Jah dans la terre des vivants (verset 11), et sa joie est si grande de posséder maintenant la vie, qu’il s’écrie : « le vivant est celui qui te louera, comme moi aujourd’hui » (verset 19). Voilà le rôle du vivant, de celui dont l’âme a été rachetée de la fosse de destruction : dans la maison de l’Éternel, le louer tous les jours de sa vie.

Ami lecteur, êtes-vous comme Ézéchias, vivant péniblement, ayant amertume sur amertume ?

Puisse son expérience vous servir d’exemple : approchez-vous de Dieu, dans un esprit d’humiliation et de repentance ; Il a des ressources infinies de bonté et d’amour. Ce Dieu à qui Ézéchias pouvait dire : « Tu as aimé mon âme », vous déclare aujourd’hui : « Dieu a tant aimé le monde » ; oui, Dieu vous aime. Ce Dieu à qui Ézéchias disait : « Tu as racheté mon âme de la fosse de destruction », vous envoie ce message : « Il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse point ». Ce Dieu qu’Ézéchias loue de lui avoir donné la vie, vous annonce qu’Il vous donne « la vie éternelle ».

Croyez donc en ce Dieu d’amour et vous pourrez comme Ézéchias, le louer tous les jours dans sa maison, c’est-à-dire dans les plusieurs demeures où Jésus est allé vous préparer une place.

Jésus dit : « Je reviendrai et je vous prendrai auprès de moi ; afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi » (Jean 14:3). Et il ajoute : « Moi, je suis le chemin, et la vérité, et la vie ».