Sentinelle, à quoi en est la nuit ?

Ésaïe 21:11, 12

- L’oracle touchant Duma.

- Il me crie de Séhir : Sentinelle, à quoi en est la nuit ? Sentinelle, à quoi en est la nuit ? — La sentinelle dit : Le matin vient, et aussi la nuit. Si vous voulez vous enquérir, enquérez-vous ; revenez, venez ! (Ésaïe 21:11, 12).

Cher lecteur, cette ancienne prophétie au sujet d’Edom (la plus courte, peut-être, de celles que contiennent les Livres saints) est d’une immense importance pour vous et pour le monde qui vous entoure ; car aucune prophétie de l’Écriture ne s’applique uniquement au moment où elle fut écrite, mais tous les prophètes ont parlé en vue des temps de la fin. Or c’est à ces temps-là que nous sommes parvenus.

Le premier fait que ce passage nous présente, c’est que la nuit règne sur le monde. Elle y régnait sans doute depuis la chute, mais elle est devenue beaucoup plus profonde depuis que le monde a rejeté le Fils de Dieu. Lui était la lumière du monde, mais les hommes ne se sont pas laissé pénétrer par elle, et ont préféré les ténèbres parce que leurs oeuvres étaient mauvaises (Jean 1:5, 9-11 ; 3:19-21 ; 8:12 ; 9:5). L’état moral du monde est resté tel depuis la mort de Christ. — Les hommes voudraient contester ce fait ; ils invoquent, en dépit de tant d’expériences récentes qui les contredisent, les progrès de la civilisation et des sciences, ceux de la philanthropie et ce qu’ils appellent « les nobles aspirations de l’humanité », faisant contrepoids à un mal dont ils n’osent pas du reste nier l’existence. Mais aucun de ces soi-disant progrès n’annule le fait que le monde a rejeté la lumière quand Dieu lui a présenté son Fils, et reste responsable de ce rejet, car nous nous trouvons encore aujourd’hui dans la période de l’histoire de l’homme dont ce fait a caractérisé le début. Cette période ne prendra fin que lorsque le Seigneur, par sa Venue, aura enlevé les siens auprès de Lui. Alors le monde, privé du témoignage des chrétiens, sera livré à une énergie d’erreur et à toute la puissance de Satan qui le conduira rapidement à sa ruine éternelle.

Le second point de cette courte prophétie, c’est qu’au milieu des ténèbres actuelles, quelques témoins sont laissés comme des sentinelles de la part de Dieu pour avertir le monde et lui faire entendre à quelle heure de la nuit il se trouve. Les hommes, préoccupés de leurs affaires, de leurs intérêts ou de leurs plaisirs, n’ont aucun souci des sentinelles que Dieu a placées à leur portée, ou, chose pire encore, se moquent des veilleurs et méprisent ceux qui les avertissent. Sentinelle, disent-ils aujourd’hui, comme lors de l’oracle de Duma, où en est la nuit ? Sentinelle, où en est la nuit ? La répétition même de leur question est dans leur bouche une ironie et une offense. Le fait que la sentinelle — que les témoins de Christ veillent, prouve déjà qu’ils sont séparés de ceux qui « dorment la nuit » et qu’ils ont foi en la parole de leur Maître, annonçant Sa prochaine venue. Ils peuvent dire : « Mon âme attend le Seigneur plus que les sentinelles n’attendent le matin » (Ps. 130:6). Cette attitude, cette foi, cette séparation, ne peuvent convenir au monde ; la parole de Dieu nous dit qu’aux derniers jours des moqueurs viendront, disant : Où est la promesse de sa venue ? (2 Pierre 3:3-4). Dans le moment même où, selon l’Écriture, la nuit est fort avancée, où « la fin de toutes choses s’est approchée », les hommes osent tourner en dérision ceux que le Seigneur a postés pour les avertir, ou, chose pire encore, sont indifférents à leur appel. N’en a-t-il pas été de même dans les temps de l’histoire du monde qui ont précédé la période actuelle ? Personne ne crut à la prédication de Noé, aussi cet homme de foi et ceux qui lui appartenaient échappèrent seuls au déluge. Les Juifs, à la veille de la destruction de Jérusalem, par Nébucadnetsar, ou par les armées romaines, vivaient dans une sécurité trompeuse et méprisaient les prophètes, sentinelles qui les avaient avertis. Belsatzar festoyait gaîment la nuit de la prise de Babylone.

N’étaient-ce pas les mêmes accents que faisaient entendre les habitants de Séhir ? Sentinelle, il y a longtemps que tu annonces des jugements ; jusqu’ici tu t’es trompée ; aucune des choses que tu prédisais n’est arrivée !

Écoutez attentivement le troisième point de cet oracle, ce que répond la sentinelle : « Le matin vient, et aussi la nuit ». Aujourd’hui les témoins de Christ peuvent donner la même réponse. Mais comment ces deux choses opposées, le jour et la nuit, pourront-elles arriver en même temps ? La sentinelle répond : « Si vous voulez vous enquérir, enquérez-vous ». Ne vous pressez pas de tourner en ridicule les déclarations de la parole de Dieu. Consultez-la ; c’est elle seule qui peut vous répondre. Elle est pleine de l’affirmation que le matin vient pour tous ceux qui croient ; que le jour va commencer à luire, et que déjà l’Étoile du matin, précurseur de l’aurore, s’est levée dans le coeur des croyants (2 Pierre 1:19) ; que « la nuit est fort avancée et que le jour s’est approché » (Rom. 13:12) ; que « le Seigneur vient bientôt » (Apoc. 3:11 ; 22:20), et « qu’il ne tarde pas pour ce qui concerne la promesse » (2 Pierre 3:9). Donc le Seigneur va venir pour prendre à lui ceux qui l’attendent (Hébr. 9:28), et, les délivrant de « la colère qui vient », pour les introduire dans sa gloire.

La sentinelle ajoute une seconde parole : « Et aussi la nuit ». Du moment que la lumière du monde, représentée d’abord par le Seigneur et après lui par ceux qui lui appartiennent (Jean 9:5 ; Matth. 5:14), aura disparu, la nuit viendra pour ceux qui habitent sur la terre », « nuit dans laquelle personne ne pourra travailler » (Jean 9:4). Ce sera le règne définitif des ténèbres. Elles commenceront par la suppression complète de l’Évangile. En ce temps-là on ne trouvera plus personne qui distribue des traités, ou répande la parole de Dieu, ou invite les pécheurs à l’entendre, ou qui les avertisse. « La voix des sentinelles ne sera plus ouïe ». Quel repos, dira-t-on, de n’être plus importuné par ces gens-là ! La prédication de l’Évangile sera remplacée par celle de l’erreur et de l’Antichristianisme qui déjà aujourd’hui attire un si grand nombre, et que tous admettront alors. Rien ne gênera plus. Les hommes ayant remplacé le Père et le Fils par un homme, l’Antichrist, ils se croiront les maîtres de la terre. Les troubles sociaux dont le monde souffre tant aujourd’hui, après avoir conduit ce dernier à de nouvelles et pires convulsions, seront finalement apaisés et les hommes croiront pouvoir dire : « Paix et sûreté », mais ce sera le calme qui précède la tempête. C’est alors qu’une subite destruction viendra sur eux comme les douleurs sur celle qui enfante et ils n’échapperont point » (1 Thes. 5:3).

Et, dans ce moment-là, le Seigneur, aujourd’hui méprisé et méconnu, reviendra, accompagné de tous ses saints, pour exercer le jugement sur les hommes qui n’ont pas voulu de Lui, et pour établir ici-bas Son règne glorieux.

Mais la sentinelle ne se borne pas à dire : « Si vous voulez vous enquérir, enquérez-vous ». À l’exhortation de consulter ce que Dieu a dit, elle ajoute cette parole solennelle : « Revenez, venez ». La porte est encore ouverte pour la repentance et la conversion. Choisissez entre la lumière et les ténèbres, entre la grâce de Dieu et le jugement, entre le salut et la condamnation éternelle. Revenez, vous trouverez les bras du Père ouverts pour vous recevoir. Venez ! « Venez à moi, dit le Sauveur, et je vous donnerai du repos ». Il dit encore : « Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi ». Le Père et le Fils vous attendent ; n’abusez pas de la patience de Dieu ; la Parole vous déclare qu’Il n’attendra pas toujours. La porte du salut sera fermée, quand tous les croyants, ce qui peut arriver d’un moment à l’autre, seront ravis au ciel pour être toujours avec le Seigneur. Alors il sera trop tard pour dire : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! » (Matth. 25:11). Venez donc aujourd’hui ; n’endurcissez pas votre coeur, car c’est aujourd’hui le temps favorable, c’est aujourd’hui le jour du salut ».